Julien Stalder

Photography | Landscapes

Odyssée italo-suisse | 16 juillet 2017

La photographie, c’est le produit d’une succession d’événements et non un seul instant...

L'image que je vous partage aujourd’hui n’a failli jamais exister. Certes le paysage était là, la nature y suivait son cours, je contemplais la vue, une vue que je m’attendais pas à voir en me levant dimanche mais pourquoi cela ?

Tout commença samedi matin, dans le train avec mon pote Seb j’ai constaté que ma carte mémoire était restée chez moi. Porter l’appareil photo deux jours sans l’utiliser n’était pas une option viable.
Il me restait donc une solution : en acheter une avant de quitter la civilisation.

Martigny, j’y ai trouvé mon bonheur. En revanche, notre train, nous l'avons manqué. C’est dans le suivant, en sachant que nous n’aurions pas la correspondance suivante nous avons rencontré un homme enclin à nous emmener plus loin dans la vallée en voiture. Une aubaine pour nous. Après l’avoir immensément remercié, nous nous sommes mis en marche. Notre objectif était encore loin, au fond du Val de Bagne, notre aventure ne faisait que commencer…

Autour de nous, les papillons virevoltaient, les marmottes sifflaient et le vent soufflait, agréable dans un premier temps ce dernier s’est avéré très pénible. Nous arrivâmes finalement à la Fenêtre de Durand (2797m), toujours un vent à décorner les bœufs de la vallée voisine. Le plan initial était de faire une nuit à la belle étoile au sommet du Mont Avril, après réflexion nous y renonçâmes. Cependant nous montâmes au sommet pour y apprécier la vue avant que les nuages vinrent nous obstruer le panorama.

De retour au Col, à observer l’arrête frontière du Mont Gelé que nous convoitions et envisagions de gravir le dimanche, le vent se manifestait d’avantage, amenant d’avantage de nuages. En vue des circonstances, nous décidâmes de nous replier sur le Bivouac Regondi en Italie. A notre arrivée, les 20 couchettes étaient occupées, mais la gentillesse d’un couple a permis de libérer une place que j’ai acceptée avec plaisir. Le Mont Avril et la Fenêtre de Durand n’étaient plus, cachés derrière le brouillard. Le sommet du Mont Gelé restait envisageable dimanche matin par sa voie normale.

Quand finalement, le silence régna à l'intérieur, le vent continuait de se faire entendre…

La nuit ne fût que peu reposante. Le matin, je sortis du bivouac, mais quelle vue !
J’appréciai le moment que je vivais, la chance que j’avais d’être là et finalement je saisis mon appareil photo et déclenchai, l’instant était immortalisé. Ce jour-là, nous renonçâmes au sommet. Seul le chemin de retour nous restait à parcourir…

"Green Valley" | paysage n° 348 | 16 juillet 2017

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